But s’embarque vers le cross-canal

En ajoutant une nouvelle architecture informatique à son infrastructure ancienne, la DSI de But a tiré un trait sur son organisation silotée et en différé pour une vision nationale et en temps réel des magasins. Cette transformation, accompagnée d’une refonte de sa chaîne logistique, permet d’améliorer les services à un consommateur qui a d’autres points d’entrée que le seul magasin.

but
But est une enseigne qui s’est beaucoup transformée ces dernières années pour tenir le rythme face à ses deux grands concurrents en France, Ikea et Conforama. Son offre d’équipement pour la maison a évolué, son parc de magasins aussi, tant sur le nombre – le cap des 300 unités a été franchi – que sur le concept, avec l’apparition d’un plus petit format (Cosy). La gestion des stocks a aussi été révisée et l’organisation logistique actuelle n’est plus celle de 2011, comme on le verra plus loin.

But s’est fait aider par l’éditeur de logiciels Vekia pour améliorer le réapprovisionnement de ses magasins. La solution de l’éditeur Vekia (55 salariés), qui s’est vite implanté dans le secteur de la distribution (Galeries Lafayette, Leroy Merlin, Mr. Bricolage, Okaïdi, etc.), a remplacé, sur la partie purement réassorts, un système de proposition de commandes développé par But.

Meilleure prévision des ventes: amélioration du réassort

Vekia récupère les données commerciales des magasins (stocks, ventes) jour après jour, les mouline chaque nuit et suggère des commandes qui sont envoyées tant aux plateformes du distributeur qu’aux fournisseurs qui livrent encore en direct les magasins. Lancé il y a 2 ans sur deux points de vente pilotes, puis déployé sur les presque 200 magasins But détenus en propre (pas encore la centaine de franchises), le système est désormais opérationnel. « Là où notre système apporte des améliorations, c’est d’abord sur le calcul des propositions de commandes », estime Jean-Christophe Rousseau, chef de projet chez l’éditeur Vekia, « par exemple en gérant l’optimisation du franco, ce prix minimum que les transporteurs font payer pour les commandes trop petites. Le logiciel s’en rend compte et soit va gonfler la commande en activant des commandes futures, soit l’annuler. »

Vekia déclare faire également la différence sur l’analyse de prévision des ventes. « Notre outil est plus sophistiqué que ceux qui font les habituelles prévisions à partir d’une analyse des cinq dernières années de vente. Ce travail-là est toujours en cours. » Ce chantier, tout comme l’arrivée de nouveaux entrepôts et la régionalisation des livraisons, a participé à l’augmentation de la disponibilité des produits. « Nous avons gagné 5 points sur le réassort des produits en magasin. Nous sommes maintenant à 92 % », affirme Robert Eskenazy.

Vekia veut maintenant reproduire ce qui a été fait sur les points de vente dans les entrepôts de But qui passent, eux, leurs commandes aux fournisseurs. Une première brique a été posée et le projet suit son cours.